Mais que peut bien faire le Scrum Master de ses journées ? | Proxiad - Français

Mais que peut bien faire le Scrum Master de ses journées ?

Dans le framework Scrum, 3 rôles sont définis précisément. Pour beaucoup de personnes non acculturées à Scrum, la tentation est grande de comparer cette organisation à celle plus connue d’un projet classique. Tentons l’expérience.

À quel rôle peut-on le comparer ?

Pour l’équipe de développement, c’est le plus simple, elle comprend des rôles bien connus de tous : des développeurs, des testeurs mais aussi pourquoi pas un architecte, un ergonome, un  UX designer…

Pour le Product Owner, ça se complique un peu mais on y arrive. Il est le responsable du produit et de la valeur livrée. On arrive donc à faire quelques parallèles et le rapprocher des rôles d’analyste, de chef de projet, de MOA ou d’AMOA.

Mais pour le Scrum Master ? À quel rôle peut-on le comparer ? Un chef de projet ? Un leader technique ? Un architecte ? À vrai dire, aucun de tous ceux-là. Le framework Scrum a introduit un nouveau rôle qu’on ne sait pas comparer à l’existant.

Le Scrum Master a un rôle complexe, avec de nombreuses facettes. Si on commence par traduire le nom « Scrum Master », on obtient « Maître Scrum ». C’est donc bien celui qui a la maîtrise, la connaissance de Scrum.

Allons donc voir ce qu’on peut lire dans le guide Scrum : une page lui est consacrée, une sorte de fiche de poste très cadrante, mais qui laisse malgré tout une impression de flou.

Ce qu’on peut remarquer au premier abord, en lisant le premier verbe de chaque ligne (il trouve, il s’assure, il comprend, il aide, il facilite, il coache, il travaille avec…) c’est qu’il n’est jamais fait mention de technique, et qu’il ne produit rien.  En revanche, on peut noter qu’il doit être au service de l’équipe et du PO mais aussi de l’organisation.

Les 5 postures d’un bon Scrum Master

Romain Couturier, dans sa vidéo « Qu’est-ce qu’un Scrum Master » visible sur son blog SuperTilt, indique cinq postures qui sont selon lui indispensables à tout bon Scrum Master :

  • Il est sachant, c’est-à-dire qu’il connaît bien (très bien même) Scrum, le guide Scrum et qu’il est garant de la bonne application de Scrum dans son équipe, et plus largement il est garant de l’Agilité de l’équipe
  • Il est agent du changement, c’est-à-dire qu’il doit savoir comment mener le changement
  • Il est coach, formateur, accompagnant, il permet à l’équipe de gagner en autonomie
  • Il est facilitateur, il aide à lever les obstacles
  • Il est Servant Leader, il doit être au service (de l’équipe, du PO, de l’organisation), comme celui qui organiserait une grosse fête chez lui ferait tout pour que la soirée se passe bien pour tout le monde.

Personnellement, j’ajouterais à tout cela qu’il doit avoir une bonne dose de psychologie humaine et d’empathie, qu’il doit être capable de repérer quand un membre de l’équipe va mal, a perdu sa motivation, ou est en conflit avec un autre, qu’il doit savoir gérer ces conflits, rester neutre, et faire un peu « l’assistante sociale » du groupe.

C’est bien beau toute cette théorie, mais concrètement, que fait-il de ses journées ?

Dans autre vidéo très inspirante, « C’est quoi un Scrum Master », sur la chaîne Youtube ScrumLife, Jean-Pierre Lambert lui-même Scrum Master, dit « Mon temps est fait pour être gâché, contrairement à celui de l’équipe »

Les tâches d’un Scrum Master

Voici donc une liste, non exhaustive bien-sûr, des tâches qui peuvent (ou doivent) être accomplies par un Scrum Master :

  • Il est facilitateur de réunions : il en anime, beaucoup : chaque rituel Scrum mais aussi toutes les autres qui seront nécessaires au bon fonctionnement de l’équipe. Et pour chacune, il devra trouver le bon format, la préparer, préparer la salle, rendre la réunion productive, il devra être neutre, faire rebondir les discussions tout en veillant à éviter les digressions, être attentif à la durée de la réunion… Son but sera d’aider les personnes présentes à en sortir des actions concrètes, à prendre des décisions, à s’améliorer continuellement.
  • Il est gardien de l’objectif : chaque sprint, chaque itération porte un objectif. C’est au Scrum Master de s’assurer toujours que l’équipe garde cet objectif en tête.
  • Il est celui qui prend en charge les sujets pénibles, usants : collecter de l’info sur un partenariat, faire des commandes de fournitures, s’occuper de sujets de fond en dehors de l’équipe (parc de matériels de tests, mise en place de process entre équipes…)
  • Il est créateur de tissu social : il se promène, il discute, il glane des informations, il crée du lien dans l’équipe, avec d’autres équipes, avec le support, avec les sponsors…
  • Il est agent d’entretien de l’openspace : il gère et met à jour les outils de management visuel, il crée de nouveaux supports, des affiches de facilitation graphique…
  • Il est soutien au Product Owner : il l’aide à construire ses User Stories, à utiliser le management visuel, à interagir avec l’équipe, à vérifier le contenu du backlog pour préparer la prochaine itération
  • Il est le garde-fou de l’équipe : il l’aide à respecter ses propres règles ou à en changer si le besoin s’en fait sentir
  • Souvent, il compense aussi la bureaucratie et la non-agilité de l’organisation en faisant l’interface entre l’organisation et l’équipe

Les rituels Scrum

Il faut insister sur la dimension coaching. Dans son blog « Vis ma vie d’Agiliste » Marilyn Kol insiste sur trois points au sujet des rituels Scrum :

  • Le Scrum Master explique à l’équipe où est son propre intérêt à faire les rituels. Il ne se contente pas de dire à l’équipe que c’est comme ça qu’on fait du bon Scrum
  • Le Scrum Master motive l’équipe à essayer. Motiver, c’est créer chez les membres de l’équipe l’envie d’essayer. Ce n’est surtout pas argumenter puis forcer.
  • Le Scrum Master prépare les rituels et les anime efficacement pour faire profiter à l’équipe des bienfaits du rituel, et pour leur faire prendre conscience que ces bienfaits sont apparus grâce au rituel.

Au vu de tous ces éléments, et contrairement à ce que pensent bon nombre d’organisations, le poste de Scrum Master est bien une activité à temps plein, un rôle qui reste très important et qui est souvent sous-estimé ou mal considéré.

 Et si l’un des buts du Scrum Master est de rendre son équipe autonome et mature sur l’Agilité et la pratique de Scrum, c’est seulement lorsque l’équipe est très mature qu’il peut envisager de consacrer au maximum 50% de son temps à une autre équipe, ou à une autre activité.

Avec tout ça, pensez-vous toujours qu’un développeur peut faire le boulot du Scrum Master en plus du sien ? Que le Scrum Master se la coule douce ? Ou qu’il est utile au début mais qu’on peut s’en passer rapidement ?

N’hésitez pas à répondre et à réagir en commentaires.

par Cécile Vivant – Conceptrice Fonctionnelle chez PROXIAD LYON


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